JERRY RAWILDE / OZIK

Lorsqu’un artiste mène une carrière florissante, certaines personnes pensent que tout lui réussit parce qu’il est juste talentueux. Mais le talent à lui seul n’est pas suffisant. Pour évoluer, en milieu professionnel, indépendant ou non, être entouré d’une bonne équipe est la clé majeure. Cette équipe peut comprendre un manager ou directeur artistique, un chargé de la communication, un ingénieur du son, un beatmaker et bien d’autres acteurs. Ce mois-ci, AtangaStore plonge sur les managers et directeurs artistiques, de leurs combats menés à leurs motivations. 
Les équipes de Jerry Sharing et Ozik Musik ont accepté de répondre à nos questions dans la rubrique « Les 10 questions qui tuent ».

AtangaStore : Que pensez-vous de l’ancienne génération? (chanteurs comme rappeurs)

Jerry : Une ancienne génération qui se concentrait sur les choses essentielles. J’ai vu une génération qui a su soulevé à un moment donné notre drapeau tricolore avec des textes clés, une musique parlante. Ce fut une belle époque. Chacun se démarquait de par son originalité.

Ozik : Je pense que l’ancienne génération a fait son temps et que rares sont ceux qui peuvent encore suivre, comme le fait très bien celui que j’appelle « l’intemporel » qui n’est autre que Franck Ba’ponga. Il traverse bien le temps lui! En dehors de ça je pense aussi que l’ancienne génération n’a pas réellement assuré le relais. Les nouveaux ont besoin d’exemples et de conseils.
 Les anciens ont le devoir, je crois, d’être à leur disposition même si c’est vrai que dans la nouvelle génération il y a des cas compliqués.

AtangaStore : Que pensez-vous de la nouvelle génération? (chanteurs comme rappeurs)

Jerry : Une génération assez perdue. Elle essaie de s’agripper sur une tendance pour essayer de voguer dessus et attraper cette audience qui n’est déjà pas large. Une génération qui regarde à l’extérieur pour évoluer intérieurement. 
Elle est innovante mais se perd facilement en chemin.

Ozik : Je pense que dans cette nouvelle génération, il y a beaucoup de talents. Et donc beaucoup d’artistes à encadrer, par les anciens justement, ou les plus expérimentés. La nouvelle génération est pleine d’énergie et allait à un moment dans tous les sens. Grâce au succès de J-Rio que l’on peut considérer comme la tête de file de la tendance ntcham, beaucoup d’artistes se sont également appropriés cette tendance et arrivent aujourd’hui à donner une identité à la musique urbaine gabonaise. La ntcham s’est même adaptée à certains morceaux rap comme « Parle à ma main » de Ng Bling ou « Ngongongo » de Rodikx.

AtangaStore : Quel est, d’après vous, le talon d’Achille de la musique Gabonaise?

Jerry : Je vois de suite la division et le manque de soutien mutuel auprès des artistes. Certains préfèrent véhiculer les performances d’un tiers que celles de son propre collègue. J’ai l’impression que les artistes voient la musique comme un cheval de bataille. C’est cette cohésion qui manque à certains niveaux pour en faire une 
force.

Ozik : Je pense que jusqu’à pas longtemps c’était le manque d’identité culturelle. Surtout dans le milieu urbain. 
Aujourd’hui je parlerai plus du manque d’une réelle industrie musicale avec les gens qualifiés pour être à la place qu’il faut.

« Ne parlons pas des droits d’auteur… » – Ozik

AtangaStore : Si vous étiez en mesure de changer les choses, que proposeriez-vous pour booster le milieu musical local?

Jerry : Il n’existe pas de « boost » individuel, tout part d’un collectif. Chacun devrait y mettre du sien pour porter haut cette passion qui nous habite tous. Certains revendiquent d’apporter le renouveau, d’autres crient même haut et fort qu’ils sont la relève, mais en se limitant à eux je vois toujours néant. 
Le « boost » est un effort collectif qui part des beatmakers, suivi des artistes, pour arriver aux animateurs de radio, et si cette chaîne est respectée, les résultats 
seront là.

Ozik : Une salle de spectacle dédiée aux artistes gabonais pour ne pas dire un Centre Culturel Gabonais comme nos voisins Camerounais. Cela permettrait aux artistes qui marchent de se produire avec des frais de production réduits et boosterait leur promotion. J’essaierai ensuite de mettre en place une réelle industrie musicale composée de professionnels de la musique et adaptée à notre faible population. Ne parlons pas des droits d’auteur…

AtangaStore : Quel est votre artiste du moment?

Jerry : Mon artiste préféré ? Je les aime tant tous ces artistes, ma préférence primaire tournant autour des artistes que je manage, et  en suivant j’aime J-rio & Shan’L. Mon coup de coeur actuel est Shad’M avec le titre « Un Gabon Libre » et ce à cause du refrain qui est porteur d’un gros message : « S’unir pour être fort ».

Ozik : Un artiste préféré, c’est difficile! Mon artiste préféré c’est celui qui a la maturité de Ba’ponga, les punchlines de Ng Bling, le Flow de Tris, la vibe de Rodikx, la plume de Tina, la voix de Kell’Z, la diversité de MickyR, les histoires de J-Rio, bref… Vous avez compris!

AtangaStore : En tant que managers, peu de personnes voient les efforts fournis dans l’ombre par ceux-ci. Pourriez-vous nous en dire plus sur les difficultés auxquelles vous êtes confrontés?

Jerry : Le plus dur est au niveau du début de carrière d’un artiste. Car le rôle du manager ne se limite pas en aval. Il joue un grand rôle en amont, notamment dans les choix des prods, du thème, des idées échangées avec l’artiste, tout part de cette première approche pour un résultat adéquat. 
Après en aval, une fois le produit disponible, prendre contact avec les partenaires extérieurs radios, télévision, site web… C’est un perpétuel challenge, qui devient une passion au fil du temps.

Ozik : Même si je fais plus de direction artistique que de management ces derniers temps, je pense que la principale difficulté d’un manager est de faire vivre son artiste de son art, donc lui même par la même occasion. Le pays n’étant pas comme le Nigeria, ça ne permet pas de se reposer sur ses acquis. Il faut se battre pour imposer son artiste afin qu’il soit régulièrement sollicité et rémunéré à sa juste valeur!

AtangaStore : Qu’est ce qui vous a poussé à vous lancer dans le milieu?

Jerry : Tout part de mon intérêt du monde des nuages, il est tellement vaste qu’une bonne utilisation peut avoir des retours très positifs. 
Aussi mon goût de relever les défis, atteindre des buts, et surtout accompagner des gens en qui tu crois fermement à vivre leur passion.

Ozik : Je ne pense pas qu’on puisse être dans ce milieu si on n’est pas passionné. Ça vient du cœur et on se bat pour que ça paie!

 » Il n’existe pas de « boost » individuel, tout part d’un collectif.  » –  Jerry

AtangaStore : 
Qui sont actuellement vos pépites à découvrir et comment se sont déroulées les rencontres avec elles?

Jerry : Ma pépite actuelle est Miss Aude. Notre rencontre remonte à deux ans si ma mémoire ne me joue pas de tours. Étant déjà le manager de Sean Bridon, j’ai été contacté par une bonne amie ici sur Bordeaux qui m’a présenté Aude. Cette dernière et moi sommes restés en correspondance toute l’année suivante. 
Ce n’est qu’en Décembre 2014, lors de mon séjour au Gabon que nous nous sommes rencontrés, et là elle m’a parlé de sa participation au Airtel Trace Music Star, et moi pour la taquiner, je lui ai demandé de me chanter quelque chose, et là, coup de massue, elle m’a chanté « Ada » de Flavour. Et à sa manière ce qui m’en a valu des frissons. Lors de mon retour sur Bordeaux, je lui ai proposé d’être son producteur & manager, chose qu’elle a accepté. Aujourd’hui, je m’attelle à lui faire sa place.

Ozik : Ben, Rodikx! Je l’observe depuis plus d’un an déjà, comme beaucoup d’artistes d’ailleurs, et à la fin de mon contrat avec Kell’z, mon ancien artiste, il était le meilleur candidat selon mes critères à l’instant T! Donc je l’ai rencontré et il a signé à OZIK.

AtangaStore : Quelle est votre actualité?

Jerry : Un ensemble de projets en cours, et de nouveaux artistes que je présenterai sous peu. Et il y a la naissance de ma structure « JerryRawilde Sharing » qui fait dans la production & promotion artistique sur les réseaux sociaux.

Ozik : Ben à OZIK, c’est le slameur No, avec qui on travaille de façon vraiment off depuis 1 an déjà, qui nous a satisfait en devenant enfin le champion du Gabon. J’en profite pour préciser que la présence de ce dernier à OZIK se justifie par le fait que No est sur un album de musique slam. 
Il y a ça et le 
single de Rodikx intitulé Mangongo Diboko! Lol!

AtangaStore : Faisons un petit jeu : L’ atanga se consomme souvent avec certains ingrédients pour être plus appétissant. Tu es manager, disons que ta structure est un atanga, quels sont les ingrédients (artistes) que vous ajouterez pour en faire un délice? En d’autres termes si vous aviez les moyens d’obtenir 5 artistes dans vos structures, qui choisiriez-vous? Jerry : Cinq artistes :
 Amly , Tris, Warren Jazz , Orfny , Naturel.

Ozik : Je vous renvoi à la question 5 ! Lool!


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