N’do Man / Big Row

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Être attaché à sa culture est un atout en tant qu’artiste, que ce soit dans le rap ou le R’n’B. Il est très important de représenter d’où l’on vient à une époque où être déraciné devient monnaie courante. Ainsi AtangaStore est donc allé à la rencontre de deux rappeurs de la scène locale ayant décidé de se démarquer des autres.

Et ce, tant par leurs styles musicaux que par leurs lyrics : très traditionnels, l’un rappe en Fang et l’autre en Gissir. Voici les dix questions qui tuent opposant N’do Man et Big Row aka Romanticka’a (onze questions  si on compte la question « bonus » qu’est le scoop. Oui, il faut bien tirer des informations pour vous, Ndr!).

« La nouvelle Génération a du talent, mais peu d’ambition » – N’do Man

AtangaStore : Pouvez-vous présenter en quelques lignes?

N’do Man : Je suis N’do man, artiste, auteur, compositeur, faisant dans la branche hip hop/afrobeat & signé dans le label Africadream. Anciennement connu par le nom de Scarface Hova à l’époque d’AFJ Production de 2008 à 2015.

Big Row : Romanticka’a BIG ROW, artiste étudiant qui fait du rap Tradi moderne gabonais, ce à travers de mon style appelé tradi-gangsta flow.

AtangaStore : Que pensez-vous de l’ancienne génération d’interprètes ou de musiciens?

N’do Man : L’ancienne génération a accompli des belles choses musicalement parlant mais je pense qu’elle ne s’est pas assez battue pour nous laisser une industrie digne de ce nom dans le monde de la musique. Mais big up aux grands comme Frank Ba’ponga qui combattent pour soutenir les plus jeunes avec son label (comme avec Moon que vous pouvez découvrir ICI)

Big Row : Je pense que l’ancienne génération était plus créative et originale que la nouvelle génération.

AtangaStore :  Que pensez-vous de la nouvelle génération?

N’do Man : Dans la nouvelle génération, il y a plein d’artistes qui ont du talent mais malheureusement ont peu d’ambition . Il y en a qui en ont dans les tripes mais pas assez de jojote* dans la tête.

Big Row : La nouvelle génération est plus technique mais manque d’originalité, elle se base beaucoup sur la copie des styles de la France, des USA ou le style NIGGA* qui est super à la mode en ce moment.

« C’est par la culture qu’on distinguera la musique Gabonaise » – Big Row

AtangaStore : Quelle est, d’après vous, la plus grande faiblesse de la musique Gabonaise?

N’do Man : Les artistes gabonais n’échangent pas assez. Ils ne le savent peut être pas pour la plupart, mais quand il n’y a pas d’échange et entente dans un milieu il ne peut pas y avoir d’évolution. Imaginez vous un Ba’ponga en feat avec Ekomy Ndong c’est incroyable qu’ils n’aient jamais songé a le faire bref… Ensemble, nous sommes plus forts et ça commence avec la jeunesse.

Big Row : La plus grande faiblesse de la musique gabonaise est d’avoir tourné le dos à un essentiel fondamental : La culture. Car ce n’est que par elle qu’on pourra distinguer la musique gabonaise.

AtangaStore : Que pensez-vous du travail du Ministere de la Culture quand au developpement des métiers culturels?

N’do Man : Je pense que leur travail est bâclé du moins je n’ai pas l’impression d’être dans un pays où il existe un Ministre de la Culture. Que fait-il? Presque rien pour les artistes. Où sont les événements? Où est sa contribution à l’évolution de notre culture? I don’t know! Ma yene dia* ! Je ne vois pas !

Big Row :  Bah, pour le Ministère de la Culture franchement je ne pense rien… à croire qu’il n’existe pas.

« Si le gabonais ne dépense rien pour voir Rick Ross, comment déboursera t-il 5000 ou 10.000 fcfa  pour un artiste local? » – N’do Man

AtangaStore : Si vous étiez en mesure de changer les choses, que proposeriez-vous pour booster le milieu musical local?

N’do Man : J’encouragerais les frères d’abord à commencer à échanger entre artistes, à collaborer et à se soutenir. Arrêter les concerts gratuits, beaucoup négligent ce fait mais il nous pénalise, car si mon frère voit Rick Ross sans débourser le moindre sou, ce n’est pas pour un seul artiste gabonais qu’il donnerait 5000 à 10000 fcfa. Mais avant les droits d’auteur, je prônerais la solidarité, je le répète « ensemble nous sommes plus forts ».

Big Row : Tout d’abord la musique est faite pour être écoutée par des milliers de personnes qui ne désirent qu’a découvrir de nouvelles sonorités. Alors, pour changer les choses et rendre la musique du Gabon compétitive, je proposerais que toutes musiques n’ayant pas de critères culturels gabonais (sans vouloir cracher sur les œuvres de mes frères et sœurs), ne soient autant diffusées dans nos chaines de tv et radio… Histoire d’un peu plus « Gaboniser » notre musique et de nous créer une véritable identité.

AtangaStore : Quel est l’artiste gabonais que vous appréciez le plus actuellement et pourquoi?

N’do Man : J’aime bien le style de Tris car il a beaucoup d’imagination et j’aime la créativité. Quand tu écoutes Tris tu sais tout de suite que c’est lui.

Big Row : En ce moment j’apprécie les groupes de danses gabonais et les chanteurs de R’n’B parce qu’ils sont créatifs.

AtangaStore :  Quels sont les points forts de l’autre artiste?

N’do Man : Son écriture et son imagination je pense.

Big Row : Je dirais tout simplement que N’do Man est un très bon artiste et son point fort est tout simplement l’apport de la langue Fang dans ses morceaux. Je crois qu’il a compris que c’est ce petit décorum qu’il faut à nos cultures pour qu’elle soient valorisées.

« Il faut faire la différence entre les rappeurs Gabonais et les Gabonais qui font du rap – Big Row

AtangaStore :  Quels sont les points faibles de l’autre artiste?

N’do Man : Peut être pas assez soutenu, je n’ai pas l’impression que les moyens nécessaires sont mis pour lui.

Big Row : Je ne vois pas vraiment…

AtangaStore :  En quoi êtes-vous un artiste différent des autres?

N’do Man : J’ai cette particularité de pouvoir rapper en langue vernaculaire et en français. Je pense que je le fais bien et mieux que la plupart,  je suis peut être le numéro 1 dans ce style! Il n’y a qu’à voir les avis de tout un chacun sur mes titres présentés sur YouTube, les téléchargements et partages sur les divers sites qui se respectent.

Big Row : Je suis différent des autres pour la simple raison que je fais du rap gabonais compétitif à l’échelle internationale…

AtangaStore : Lâchez une bonne doc, un scoop, ou même un congossa!:

N’do Man : D’ici là mon Label vous livrera un gros projet en collaboration avec d’autres artistes de We Up Grade Music.

Big Row : Il faut faire la différence entre les rappeurs gabonais et les gabonais qui font du rap (ndlr)

Ndr:

Jojote* vient de mijoter qui en langage courant signifie ‘Réfléchir’

Style NIGGA*, l’artiste veut parler de la tendance trap et bling bling popularisée par les Migos et O.T. Genesis et autres.

Ma yene dia*, expression tirée de sa langue vernaculaire (FANG),littéralement traduite pas ‘j’en sais rien/je l’ignore ».


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